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Zeus et Ganymède

Érichthonios, roi de Dardania en Phrygie, était le plus riche des hommes. Son troupeau était fort de mille chevaux, si beaux que Borée lui-même, dieu du vent du nord, en tomba amoureux et descendit sur Terre sous la forme d'un étalon pour jouir des juments qui paissaient dans les plaines. L'un des fils d'Érichthonios s'appelait Trôs, qui donna son nom à Troie, la ville sur laquelle il régnait, et à ses habitants. Quand vint pour lui l'heure de se marier, il prit pour femme la charmante Callirrhoé, fille du dieu fluvial Scamandre. Il leurs naquit trois superbes fils, Ilos, Assaracos et le divin Ganymède, le plus beau des mortels.

Même Zeus, le roi des dieux, se consuma d'amour pour le jeune Phrygien. Souhaitant se l'attacher, le dieu descendit sur le luxuriant mont Ida, où le blond garçon jouait, insouciant, entouré de ses amis et de ses précepteurs. Comme à son habitude, Zeus changea de forme, pour cette fois-ci prendre l'aspect de l'oiseau qui porte sa foudre. Décochant ses éclairs dans son vol, il fit apparaître une terrible tempête qui obscurcit le ciel. Sous le couvert de l'orage, l'aigle divin fondit sur le garçon et le saisit de ses serres. Les gardiens âgés tendirent en vain les bras vers le ciel, pendant que les chiens aboyaient furieusement contre les étoiles. Le garçon juché sur son dos, l'aigle porté par les vents furieux s'éleva jusque vers l'Olympe. Là, le jeune homme devint l'amant du Père du Ciel et son échanson, versant dans la coupe dorée du dieu le nectar grenat. Tous les immortels l'honoraient pour sa beauté incomparable, sauf Héra, la femme de Zeus, qui ne pouvait supporter sa vue. Elle reprochait à Zeus la présence de ce mortel aux longs cheveux que Zeus avait osé attirer dans l'Olympe. Mais Zeus ne se gênait pas pour louer les baisers de son échanson.

Zeus Abducting Ganymede; 3rd c. CE Floor mosaic, provenance uncertain

Comme si cela ne suffisait pas, Zeus avait chassé de ses fonctions Hébé, la propre fille d'Héra, pour la remplacer par Ganymède, sous le prétexte qu'elle était maladroite et avait trébuché en portant sa coupe. Évidemment, Héra était hors d'elle. Elle perçut tout cela comme un affront personnel et en voulut à jamais aux Troyens, ce qui, ajouté à sa colère contre Pâris, assura son hostilité envers ceux-ci eux pendant la guerre qui causa leur perte.

Quant à Trôs, un cruel chagrin remplit son cœur, car il ne savait où la divine tempête avait emmené son fils. Il pleura toutes les larmes de son corps. Mais il advint que Zeus le prit en pitié, et en échange de son fils lui donna deux véloces chevaux blancs, immortels et capables de courir sur l'eau, semblables à ceux qui emmenaient les immortels. Il lui offrit aussi une vigne dorée, façonnée par Héphaïstos lui-même. Zeus lui fit parvenir tout cela par Hermès le messager, qui s'assura d'apprendre à Trôs que le garçon vivait désormais parmi les dieux, immortel à jamais dans sa prime jeunesse. Ces bonnes nouvelles réjouirent le Troyen qui ne pleura plus jamais. Menant ses chevaux à la vitesse du vent, son cœur se remplissait de joie.

Pendant ce temps, Héra, toujours plus jalouse du charmant Ganymède, harcela tellement son mari qu'il en eut assez et promit de renvoyer le garçon. Mais elle ne découvrit que plus tard que celui-ci avait quitté l'Olympe pour prendre place parmi les étoiles, où, sous la forme de la constellation du Verseau, il sert encore le nectar divin.



Mythographer's Comments

These Greek myths are based quite closely on ancient fragments, materials until now passed over by modern mythographers. The sources range from poets to historians to playwrights and early Christian polemicists. Thus the form of the stories should be seen as a late one, incorporating in many cases Roman sensibilities.

Of course there has never been any one "true" version of any of these stories, as they were told and retold over a span of at least two thousand years across a region ranging across three continents, from the Black Sea to the shores of North Africa, an area now occupied by such countries as Bulgaria, Greece, Turkey, Egypt, Italy and others. Nonetheless, the myths collectively reflect a world view in which male love was wholly compatible with living life in a sacred way, a path to heroism and divinity.
 









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