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Narcisse

Au dire de tout le monde Narcisse était le plus beau garçon de toute la Grèce. Même bébé il attisait les braises de la passion de toutes les femmes qui le gardaient, les jeunes comme les vieilles. Avant son seizième anniversaire il était déjà l'objet de chaque fantasme féminin sur des kilomètres à la ronde et aussi de plus de quelques fantasmes masculins. Ni les filles ni les garçons ne l’intéressaient pourtant le moins du monde.

Echo était une nymphe de la montagne qui avait une fois servi Zeus en entraînant Héra dans des bavardages insensés chaque fois qu’elle était proche de découvrir que le Dieu de la foudre compromettait les voeux de son mariage. Le bavardage de Echo donnait aux invitées de Zeus suffisamment de temps pour faire leur sortie. Quand Héra découvrit le caprice de déesse loquace, elle éclata de rage "Désormais cette langue malfaisante sera silencieuse ! Sauf quand on te parlera, tu ne parleras pas et même alors tu n’émettras que de brefs bruits."

Ainsi quand Echo surprit Narcisse un matin comme le jeune homme luttait avec un cerf qu’il venait de prendre dans son filet, elle ne put que regarder sans parler. Et regarder fut ce qu’elle fit. Même parmi les dieux immortels elle n'avait jamais vu son pareil. Un désir brûlant courut dans ses veines. Comme elle désirait séduire le beau jeune homme avec des mots mielleux, mais elle bougeait ses lèvres en vain.

Narcisse sentit ses yeux sur lui. "Qui est là ?" appela-t-il.
-"Là," répondit Echo, qui pouvait seulement répéter ce qui lui était dit.
- "Laissez-moi vous voir" dit le garçon.
- "Vous voir," dit Echo.

Momentanément intrigué, Narcisse cria alors, "Comment vous appelez-vous ?"

-"Vous appelez," répondit la nymphe. Et, incapable de contenir son ardeur, elle s’échappa de sa cachette et se jeta, chaude et haletante, sur le bel adolescent. Commençant à être habitué à un tel comportement, Narcisse se libéra rapidement de son étreinte et s’enfuit en toute hâte au plus profond de la forêt, laissant ses filets derrière lui.

Echo le poursuivit, essayant de crier les mots qui apaiseraient ses craintes, le désarmeraient, mais aucun son ne vint. Le jeune homme disparut bientôt de sa vue. Pendant des semaines la nymphe erra dans la forêt à la recherche de son bien-aimé, dormant peu, ne mangeant rien. Elle s’amincissait tant qu’il ne resta bientôt d'elle rien qu’un oeil puisse discerner. A ce jour elle erre dans les montagnes du monde entier, cherchant toujours Narcisse. Les canyons rocailleux et les vallées profondes sont sa demeure. On peut l’appeler, et si elle est là, elle répondra mais seulement avec les mots qu’on lui aura dits. Par décret de Héra elle ne peut en prononcer aucun autre.

Un après-midi, à un mois de sa fuite devant Echo, dans un bois isolé haut sur le mont Hélicon Narcisse tomba à genoux, épuisé de chasser et d’être chassé. Devant lui se trouvait une pièce d’eau claire et profonde dont la surface vitreuse capturait la lumière qui traversait les arbres au-dessus pour devenir un miroir parfait. Ceci, bien sûr, se passait bien avant que les miroirs comme nous les connaissons aient été inventés.

Narcisse avait vu son ombre plusieurs fois mais jamais son reflet. Ainsi, quand il se pencha appuyé sur ses mains et ses genoux et regarda dans la mare, il fut surpris par l'image de beauté sans égale qui le regardait. Aucun visage qu’il ait vu ne ressemblait à celui qu’il étudiait à présent. Pour la première fois de sa vie il tombait amoureux.

Echo and Narcissus; John Waterhouse, 1903; Walker Art Gallery at Liverpool

Il baissa son visage plus près pour embrasser le jeune homme et tendit les bras dans la mare pour l’embrasser. Ses lèvres et ses bras trouvèrent seulement de l’eau. Bien qu'il se retira rapidement, l'effet de miroir fut un moment détruit par des ondulations dans l'eau. Pensant que son bien-aimé l’avait fui comme il avait lui-même l’habitude de le faire, Narcisse se mit à pleurer. Bientôt, cependant, l'eau s’éclaircit, et le beau visage apparut à nouveau. "Ne me laisse pas, ô beau jeune homme," supplia-t-il. "Reste, mon amour."

A nouveau Narcisse baissa la main pour toucher la forme dans l'eau ; à nouveau l'image s’estompa quand sa main cassa la surface. Presque convaincu qu’il avait cette fois pour toujours perdu son vrai amour, il s’arracha les cheveux et se griffa la gorge de ses ongles. Quand il se fut apaisé et que les eaux se furent à nouveau éclaircies, l'image de son amour réapparut, meurtrie et échevelée. La vue le peina, et il pleura.

Le chariot d’Hélios finissait sa course à travers le ciel, la nuit grise envahissait la forêt, mais Narcisse ne bougea pas. Rien ne lui importait plus que sauver le jeune homme insaisissable dans la mare. La première lueur de l’aube le trouva à regarder attentivement dans les claires profondeurs de l’eau. Le visage qui apparu lentement était hagard et angoissé. Il tendit la main dans l'eau pour caresser cette joue maintenant si chère à lui, et ses frustrations du jour précédent se renouvelèrent.

"Je t’aime ! Je t’aime !", cria-t-il un millier de fois dans la mare. Le visage, comme Echo, bougeait la bouche mais n’émettait aucun son. Malgré lui, incapable de quitter le bord de la mare, Narcisse finit par mourir là, sa contenance jadis si belle maintenant tordue et grotesque. Les nymphes de la montagne le trouvèrent et l'auraient enterré ; mais comme elles le préparaient pour les funérailles, son corps disparut, et où il se trouvait éclôt une fleur aux pétales d'or teintés de blanc.

Mythographer's Comments

These Greek myths are based quite closely on ancient fragments, materials until now passed over by modern mythographers. The sources range from poets to historians to playwrights and early Christian polemicists. Thus the form of the stories should be seen as a late one, incorporating in many cases Roman sensibilities.

Of course there has never been any one "true" version of any of these stories, as they were told and retold over a span of at least two thousand years across a region ranging across three continents, from the Black Sea to the shores of North Africa, an area now occupied by such countries as Bulgaria, Greece, Turkey, Egypt, Italy and others. Nonetheless, the myths collectively reflect a world view in which male love was wholly compatible with living life in a sacred way, a path to heroism and divinity.
 






















Haiduk Press

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