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Apollon et Cyparisse
Le cerf n'avait aucune crainte de l'homme. Il entrait librement dans les habitations des gens, et tendait la tête pour que tous l’atteignent et le caressent. Tous les habitants l'aimaient, mais Cyparisse l’aimait plus que tous. Il était le jeune fils du roi de Chios, et l’ami bien-aimé d’Apollon, le lanceur de flèches. Cyparisse conduisait le cerf à des riches prairies, et à des sources fraîches d’eau cristalline. Parfois il pendait des couronnes de fleurs parfumées à ses grands andouillers, et d’autres fois il bondissait, à califourchon sur la bête magique, riant à travers la vallée fleurie de Carte. Il était midi, par une chaude journée d’été. La chaleur était insoutenable. Cherchant un abri des rayons impitoyables du soleil le cerf se coucha à l'ombre, s’abritant sous quelques épais buissons. Comme le peut seulement le hasard, Cyparisse était parti chasser non loin de là. De loin, et couvert de feuilles, le cerf ressemblait à tout autre. Cyparisse était un bon chasseur, et dès qu'il entrevit le cerf caché il lança sa lance avec précision. Il ne savait pas que l’animal qu’il avait mortellement blessé était le cerf sacré. Mais lorsqu’il s’approcha et réalisa ce qu'il avait fait, l’horreur remplit son coeur. Accablé de chagrin, il décida de mourir le long de son ami à bois.
Toutes les consolations d’Apollon furent vaines. Son chagrin était infini. Et il supplia donc le dieu à l'arc d'argent de lui permettre de pleurer à jamais. Apollon exauça son voeu. Le jeune homme se transforma en arbre. Sa chevelure épaisse devint un feuillage vert sombre, et son mince corps se couvrit d'écorce. Devant les yeux d’Apollon il s’étira vers le ciel et devint un majestueux cyprès. Sa cime semblait percer les cieux comme une flèche. Apollon soupira tristement et chuchota : "Toute l’éternité je pleurerai pour toi, merveilleux jeune homme, et toi en retour tu participeras à la tristesse des autres. Tiens-toi, maintenant et pour toujours, auprès de ceux qui sont frappés par le chagrin." Depuis ce jours les Grecs pendent des branches de cyprès aux portes des maisons où quelqu'un est mort, ornent les bûchers funéraires de feuilles de cyprès, et plantent des cyprès autour de leurs tombes. Mythographer's Comments These Greek myths are based quite closely on ancient fragments, materials until now passed over by modern mythographers. The sources range from poets to historians to playwrights and early Christian polemicists. Thus the form of the stories should be seen as a late one, incorporating in many cases Roman sensibilities. Of course there has never been any one "true" version of any of these stories, as they were told and retold over a span of at least two thousand years across a region ranging across three continents, from the Black Sea to the shores of North Africa, an area now occupied by such countries as Bulgaria, Greece, Turkey, Egypt, Italy and others. Nonetheless, the myths collectively reflect a world view in which male love was wholly compatible with living life in a sacred way, a path to heroism and divinity. |
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